Les « marsouins » de la 6e compagnie

La création, en juillet 2004, d’une compagnie de réserve au 22e BIMa est venue concrétiser un recrutement opéré auprès des jeunes lors des journées « découverte de la réserve et du monde militaire », organisées en prolongement des JAPD et initiées par l’association des sous-officiers de réserve de Nantes, dans le cadre d’une convention signée avec le général commandant la région terre Nord Ouest.

Annoncée en 2008, la dissolution de la garnison de Nantes devait sonner la fin de cette unité et la ventilation des personnels, en fonction des places disponibles dans les autres régiments. Mais, la forte cohésion de l’unité et le souhait d’un chef de corps au « 6 » d’accueillir tous ses personnels devait faire son chemin. Qu’il en soit remercié, de même que le chef de corps du 22e BIMa et les acteurs de ce projet qui ont œuvré pour garder la cohésion de cette unité et son identité « nantaise ».

Malgré sa dernière apparition officielle le 29 mai dernier lors d’une belle et triste cérémonie de dissolution de la garnison à Nantes, une vingtaine de personnels se sont relayés jusqu’au 30 juin pour participer aux opérations de déménagement. Cette compagnie était la seule unité d’intervention de réserve (UIR) existante au sein d’un bataillon de soutien d’état-major de force.

A 95 %, les personnels proviennent de la grande région nantaise. Les jeunes issus directement du monde civil représentent 83 % de l’effectif et la moyenne d’âge est de 24 ans et 6 mois. Les personnels, dont les lycéens et étudiants plus disponibles, accomplissent un nombre de jours élevé (29 jours en moyenne en 2008 et en 2009) auquel il faut ajouter les prestations effectuées bénévolement dans le cadre associatif à l’encadrement des journées « découverte de la réserve et du monde militaire » et à l’occasion des mises à disposition de piquets d’honneur auprès du DMD de Loire-Atlantique (environ 400 journées annuellement). Peu à peu la fidélisation joue un rôle important (actuellement la présence moyenne est de 3 ans et 4 mois) et cette unité possède un taux d’absentéisme faible depuis plusieurs années (2 % de l’effectif n’ont pu être notés sur le cycle d’instruction 2009 / 2010).

L’origine des recrues a nécessité, dès l’arrivée des premiers volontaires, d’intensifier l’instruction initiale et de créer, en complément de la FMIR (formation militaire initiale des réserves), un certificat pratique de grenadier voltigeur. Cette initiative, reprise par l’état-major de l’armée de terre dans son instruction de juillet 2005, oblige désormais tout réserviste à suivre, en prolongement de la FMIR, au sein des régiments, une formation afin d’acquérir les savoir-faire permettant d’accomplir les missions confiées aux unités de réserve.

En effet, comme toute unité de réserve, celle-ci doit être capable d’accomplir des missions de sauvegarde : surveiller, soutenir, boucler une zone, tenir et interdire. Pour répondre à ces objectifs, l’encadrement veille à former et entraîner les personnels. Récente, et « non embrigadée », depuis 2007 cette unité a pu, dans le cadre du plan Vigipirate, aligner en renfort des 2e RIMa et 3e RIMa des sections et agir d’une manière autonome – toujours au niveau de la section - à Calais et à Marseille. De plus, très régulièrement des groupes renforcent la garde du dépôt de Salbris, mission parfaitement adaptée pour une première MISSINT.

Enfin, cette unité détient une particularité que connaîtront cette année quelques personnels du 6e RG : avoir pu défiler en 2004 et 2006 sur les Champs Elysée et, de ce fait, représenter les réservistes de l’armée de terre.

Définitivement intégrée à la 9e BLBMa, la compagnie veillera à son identité, afin de poursuivre dans le département de la Loire Atlantique et à Nantes, la 6e ville de France, un lien entre la population et ses forces armées. Ses marsouins ont participé en nombre et avec fierté aux cérémonies de dissolution de la garnison de Nantes, devenus sapeurs de marine de la 6e compagnie le 2 juillet dernier, ils poursuivront avec le même enthousiasme leur engagement au profit de la défense du pays tout en conservant la tâche de montrer que la réserve n’est pas morte à Nantes.

Le site Internet de l’unité www.reserve22.fr se transformera prochainement afin de suivre désormais les prestations des « sapeurs de marine nantais » du 6e régiment du génie.

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