Réserviste et sapeur de marine:
Le 28 février une FMIR a commencé l'instruction pour 42 recrues. Si 17 provenaient du Maine et Loire, 25 arrivaient de la Loire Atlantique, terre de recrutement de la 6e compagnie créée avec les personnels du 22e BIMa depuis la dissolution de la garnison de Nantes.
Le sapeur de réserve Alexandre Eveno, lycéen en terminale, nous raconte ses premiers jours sous l'uniforme...Notre semaine de formation commença en cette fraiche matinée du lundi 28 Février. A 7h, tous les stagiaires ainsi que les réservistes encadrant étaient prêts au quartier Richemont, démontrant ainsi leur ponctualité.
Nous arrivâmes au 6ème régiment du Génie à Angers environ une heure après. Puis sans perdre de temps nous avons commencé la formation avec les bases de l’ordre serré : comment pivoter à gauche et à droite. La majorité des stagiaires ont pu percevoir leur paquetage dès la première journée. Les règles sont d’emblée fixées : le passage par la tondeuse est obligatoire. Plusieurs de mes camarades et moi-même avions pris l’initiative de passer chez le coiffeur avant la formation. C’est là où je me suis aperçu, avec effarement, que les cheveux pouvaient être encore plus courts.
La formation théorique se révéla complète et très dense. Il y eut d’abord une certaine tolérance concernant notamment les erreurs de grades, celles-ci étant généralement moins abhorrées lorsqu’elles valorisaient la personne. Cependant, le terme « laxisme » étant banni du vocabulaire des militaires, très vite nous comprîmes le sens du verbe « pomper ». Rapidement le mot d’ordre se révéla être « cohésion » : nous formions un groupe d’une cinquantaine de personnes avec environ 20% de filles. Le sport n’était pas exclu de l’apprentissage : on commença la semaine avec un test Cooper, montée de corde etc. pour vérifier notre condition physique. Premier contact avec le FAMAS, pas de tir mais de passionnants cours d’ISTC (instruction sur le tir de combat) permettant de se familiariser avec notre arme. Il fallut épouser le rythme imposé, à savoir des nuits relativement courtes, beaucoup d’ordres et de contre-ordres. Les journées se terminaient généralement vers 1h avec du chant, à peu près une dizaine à apprendre. Les nuits étaient malgré tout réparatrices et suffisantes. Heureusement il ne plut pas lors du stage, il faisait somme toute assez froid (plus encore sans le pull) mais on nous apprit que ce n’était qu’une illusion.Nous partîmes à Fontevraud pour y rester le mercredi et le jeudi. Dans le car somnolence non-autorisée ; il fallait mettre le temps à profit pour revoir nos cours dans nos carnets. Première consommation de rations et début d’un rite : celui des échanges. J’ai personnellement trouvé les rations assez bonnes quoiqu’un peu rébarbatives. La base militaire étant en partie un vaste terrain forestier, cela permit de faire des activités telles que la marche. Conséquence incongrue de cette dernière : les ampoules, causées par le frottement continu de rangers mal serrées. Le vendredi nous nous rendîmes à Coëtquidan, à la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr. Divisés en trois groupes, nous avons commencé par visiter une salle d’armes. Nous nous sommes entraînés par la suite à démonter et à remonter notre arme le plus vite possible. Enfin, entraînement avec le simulateur de tir (le SITAL), très pratique car permettant de rectifier nos tendances de tir. Finalement nous sommes rentrés à Angers, beaucoup de temps fût nécessaire pour le nettoyage de l’arme, les vérifications étant minutieuses et impitoyables. Nous sommes rentrés finalement à Nantes. J’ai su apprécier tout au long de la semaine l’esprit de groupe, d’entraide, ainsi que l’acquisition de connaissances théoriques mais aussi de la mise en pratique. Nous pouvons tous remarquer qu’une semaine d’effort, d’abnégation et de restriction permet de mieux profiter du confort de la vie civile.
Sapeur de marine de réserve Alexandre Eveno, lycéen.

